La Corée du Sud tente de proposer son sous-marin Dosan Anh Changho à l’Australie

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les autorités sud-coréennes ne ménagent pas leurs efforts pour promouvoir leurs équipements de défense de par le Monde. Après avoir convaincu l’Egypte d’acquérir 200 canons automoteurs K-9, et signé un partenariat avec la Turquie pour mener à terme la construction du char de combat Altay, Séoul s’est associé à Varsovie dans ce qui pourrait être l’un des plus ambitieux efforts de coopération industriel de défense de la décennie. En Australie, les autorités sud-coréennes sont déjà parvenues à placer le canon automoteur K-9 dans le cadre du programme Land 8116, Canberra ayant annoncé en décembre 2021 l’acquisition de 30 systèmes automoteurs blindés K-9 désignés AS9 pour l’occasion, et de 15 véhicules de transport de munitions et de rechargement AS10, pour 1 Md$ australiens, un peu de plus de 700 m€. Et comme c’est le cas en Turquie et en Pologne, Séoul entend bien profiter de cette dynamique engagée en Australie.

En premier lieu, le véhicule de combat d’infanterie AS21 Redback est aujourd’hui en finale face au KF41 Lynx allemand dans le cadre de la compétition dans le cadre de la compétition Land 400 passe 3 pour l’acquisition entre 300 et 450 véhicules de combat d’infanterie pour l’Armée Australienne, compétition pour laquelle de nombreux échos laissent penser que le blindé sud-coréen aurait la préférence des autorités australiennes, notamment en raison d’un prix plus accessible. De fait, les entreprises de défense sud-coréennes disposent désormais d’un réseau efficace en Australie, formé d’anciennes personnalités politiques et militaires, pour soutenir leurs propositions. C’est précisément ce réseau qui a été mis à contribution pour présenter, de manière totalement non officielle, une offre sud-coréenne pour répondre au problème de plus en plus pressant pour Canberra au sujet du renouvellement de sa flotte de sous-marins, dans un exercice de communication parfaitement maitrisé par Séoul.

Même modernisés et prolongés, le 6 Collins de la Royal Australian Navy ne pourront ternir la ligne au delà de 2035

Nous ne reviendrons pas sur les conséquences de l’annulation du contrat SEA 1000 par l’ancien premier ministre australien Scott Morrison au profit de l’acquisition de sous-marins à propulsion nucléaire américains ou britanniques. Il devient désormais de plus en plus évident que la Royal Australian Navy va devoir faire face à un rupture capacitaire importante entre le retrait de ses 6 sous-marins de la classe Collins, qui devrait intervenir au plus tard d’ici 2035, et l’arrivée des premiers sous-marins à propulsion nucléaire développés dans le cadre de l’alliance AUKUS, qui n’interviendra pas avant 2040, dans le meilleur des cas. De fait, pendant plus de 10 ans, les forces navales australiennes feront face à un déficit capacitaire marqué dans le domaine de la guerre sous-marine, avec au moins 5 années de rupture capacitaire totale, alors même qu’à cette période, la menace chinoise atteindra son paroxysme. Si allemands, suédois et même japonais tentent depuis plusieurs mois de proposer de manière discrète une solution de transition aux autorités australiennes, les sud-coréens ont, quant à eux, choisit une approche probablement bien plus efficace, en visant directement l’opinion publique du pays.


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