Le Japon veut armer ses sous-marins de missiles de croisière à changement de milieu

Relativement préservé lors de la Guerre Froide, le Japon a, contrairement à l’Allemagne, conservé jusqu’à aujourd’hui les contraintes strictes de sa constitution d’après-guerre en matière de forces armées. Ainsi, pour Tokyo, les forces armées nippones, désignées sous le titre de forces d’auto-défense, ne sont conçues que pour assurer la défense immédiate du pays. De fait, même si les forces nippones sont loin d’être négligeables, avec notamment une force aérienne alignant 240 avions de combat dont 150 F-15J, et une force navale forte de 20 sous-marins, 36 destroyers (dont 8 AEGIS), 8 frégates (22 au final) ainsi que 2 porte-aéronefs légers, celles-ci n’étaient pas dotées, jusqu’il y peu, de capacités de frappe à longue portée et de projection de puissance, dans le respect de la constitution du pays.

Ces dernières années, toutefois, face au durcissement de la menace posée par l’effort de guerre chinois, mais également par la Corée du Nord et la Russie, les positions des autorités nippones ont sensiblement évolué. Ainsi, en 2019, le gouvernement de Shinzo Abe entreprit d’adoucir les contraintes strictes imposées aux forces d’autodéfense nippones pour répondre aux enjeux sécuritaires, ouvrant la voie, dès l’année suivante, à la transformation des deux porte-hélicoptères de la classe Izumo pour pouvoir mettre en oeuvre le chasseur bombardier F-35B à décollage et atterrissage vertical ou court, permettant à la marine de se doter de deux porte-avions pour la première fois depuis 1945. De même, les forces aériennes japonaises purent s’équiper de missiles à moyenne et longue portée, dans une logique de frappes préventives pour contrer la menace que représente désormais les missiles à trajectoire semi-balistique et autres missiles hypersoniques qui échappent aux capacités d’interception traditionnelle du système AEGIS.

Les nouveaux sous-marins de la classe Taigei sont parfaitement adaptés pour mettre en oeuvre des missiles de croisière à changement de milieu, pour peu que leurs tubes lance-torpilles soient adaptés.

Depuis, Tokyo a poursuivi son lent mais inexorable glissement pour se doter d’un arsenal défensif complet, comme le fit l’Allemagne Fédérale dans les années 50. Le nouveau Livre Blanc, publié au mois d’aout, consacre cette transformation, avec en ligne de mire la menace chinoise et russe identifiée, c’est une première pour Tokyo, comme des « menaces majeures » pour le Japon. De nombreux programmes d’armement ont été lancés concomitamment, qu’il s’agisse de l’avion de nouvelle génération F-X destiné à remplacer les F-2, de systèmes d’armes à énergie dirigée et électromagnétiques, ou de manière plus traditionnelle, avec la modernisation de la flotte nippone avec l’arrivée des sous-marins de la classe Taigei et des frégates de la classe Mogami. Pour répondre à la menace balistique, et étendre les capacités de frappe à longue portée du pays, les forces d’autodéfense nippones ont également entrepris l’évolution de son système anti-navire Type-12 qui arme actuellement ses batteries côtières, pour en faire un missile de croisière d’une portée de 1000 km, capable de frapper des cibles terrestres. Prévu initialement pour armer les navires et avions de combat nippone, cette évolution du Type-12 armera également, à l’avenir, les sous-marins japonais, une version à changement de milieu devant être développé dans les années à venir.


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