Le 30 avril, à Shomera en Haute Galilée, un drone d’attaque type FPV connecté par une fibre optique a frappé un véhicule blindé des Forces de défense d’Israël (IDF). Le blindé a pris feu et des munitions stockées à proximité ont détoné. Douze soldats ont été blessés, dont deux dans un état qualifié de modéré et dix légèrement, selon des rapports et des vidéos publiées. L’attaque s’est produite près de la frontière libanaise, sur un secteur où des échanges de tirs et des incursions de drones sont signalés depuis plusieurs semaines.
Ces engins filaires transportent une liaison vidéo optique de haute définition par câble sur des distances annoncées de dix à trente kilomètres. La transmission ne dépend pas d’ondes radio, ce qui les rend décrits comme quasiment insensibles aux brouillages électroniques. Guidés en temps réel, ils peuvent viser des zones vulnérables des blindés avec une charge creuse antichar. Leur fabrication serait assurée dans des ateliers du sud du Liban à partir de composants civils, de petites quantités d’explosifs et de câbles commerciaux.
Selon diverses séquences et déclarations publiées depuis près de deux mois, le Hezbollah libanais a accru l’emploi de petits drones FPV, dont des modèles filaires, contre des troupes et des véhicules israéliens le long de la frontière. Les vidéos montrent des vols à très basse altitude et des approches précises vers des cibles stationnées ou faiblement protégées. L’emploi de ces systèmes s’inscrit dans une campagne régulière de harcèlement au moyen de drones et de tirs antichars, menée parallèlement à des frappes israéliennes au sud du Liban.
Plusieurs enregistrements diffusés par le Hezbollah montrent des frappes répétées contre des chars Merkava, dont un Merkava Mk3 présenté comme détruit dans le sud du Liban. Dans un précédent incident à Taybeh, un soldat israélien a été tué lors d’une attaque attribuée à un drone FPV. Les images publiées restent parcellaires et ne documentent pas toujours l’étendue des dégâts après impact. Les pertes avancées dans certains récits ne sont pas systématiquement corroborées par des preuves visuelles indépendantes.
En parallèle, les IDF ont repris des frappes au Liban contre des infrastructures du Hezbollah, notamment dans la vallée de la Bekaa et dans d’autres zones du sud du pays. Des actions au sol ont également été signalées à Tibnine et Yater. La décision de rompre un cessez le feu de courte durée a été justifiée par des attaques contre un char Merkava et une équipe d’évacuation de l’unité 669 faisant un mort et au moins six blessés. L’armée israélienne n’a pas détaillé les circonstances exactes de ces événements.
Depuis mars, Israël a élargi une opération terrestre visant à établir une zone tampon jusqu’au fleuve Litani. Selon des rapports publiés au premier mai, les forces israéliennes se seraient avancées entre un kilomètre et demi et huit kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. Cette progression s’appuie sur des unités blindées et d’infanterie opérant de manière méthodique, avec des missions de détection et de neutralisation de tunnels, d’embuscades antichars et de caches d’armes dans les localités proches de la frontière.
Les véhicules de première ligne israéliens, en particulier les chars Merkava Mk4 et les transporteurs blindés lourds Namer, sont largement dotés du système de protection active Trophy développé par Rafael. L’industriel affirme un taux d’interception de quatre vingt dix pour cent contre missiles et roquettes antichars. Entré en service en 2009, le Trophy a été modernisé à plusieurs reprises. Rafael a annoncé une nouvelle mise à jour logicielle destinée à élargir la bulle de protection dans le plan vertical afin de mieux contrer des attaques plongeantes.
Des essais ont par ailleurs montré le système de protection active Iron Fist abattant un drone FPV, mais son efficacité en conditions réelles dans le secteur nord n’est pas établie ici. Des enregistrements récents montrent un missile percutant le dispositif de protection d’un Namer sans permettre de conclure sur la neutralisation. Ces séquences, souvent tronquées, illustrent la difficulté à évaluer de manière fiable la performance instantanée des systèmes de protection active selon l’angle d’attaque et le type de munition employé.
Les tactiques observées indiquent des approches par l’arrière et des impacts à l’interface entre tourelle et châssis, zones réputées sensibles. Plusieurs véhicules filmés ne portent pas de cages antidrone, à la différence de modèles vus dans d’autres théâtres. L’absence de telles protections et la faible signature électronique des drones filaires accroissent la probabilité d’incendies et de détonations secondaires, comme l’illustre l’incident de Shomera. Les liaisons par câble rendent en outre ces vecteurs peu affectés par les brouillages radio habituellement utilisés contre les drones.
Ces drones filaires présentent néanmoins des limites opérationnelles. Le câble peut être gêné par le relief, les obstacles et les infrastructures, tandis que des conditions météorologiques dégradées affectent des cellules légères. Dans le même temps, des médias ont relayé des bilans élevés de pertes blindées israéliennes issus de sources proches du Hezbollah, sans documentation photographique ou vidéo suffisante pour les étayer. Dans ce contexte, les annonces industrielles sur l’amélioration de la protection verticale du Trophy visent à répondre à des menaces désormais récurrentes au nord d’Israël.