Sur les 11 SRBM Iskander M lancé cette nuit, l’Ukraine n’en a intercepté qu’un seul…

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Les Forces aériennes ukrainiennes ont indiqué ce matin une attaque combinée dans la nuit du 4 au 5 mai 2026. Selon leur bilan, l’armée russe a tiré 11 missiles Iskander M. Un a été abattu par la défense ukrainienne, tandis que deux sont signalés comme « disparus ». Le même rapport recense 164 drones lancés. Au total, 149 auraient été neutralisés, pour l’essentiel par des moyens de guerre électronique. Le service de presse évoque ainsi « un peu plus de 90 % » de neutralisations, un ratio conforme aux précédentes communications sur la lutte anti‑drones.

Selon la même communication, 8 missiles balistiques et 14 drones d’attaque ont atteint des cibles sur 14 sites, tandis que des débris d’objets abattus sont retombés sur 10 emplacements. Deux missiles balistiques ennemis n’ont pas atteint leurs cibles, des éléments complémentaires restant à préciser. Dans la nuit, des explosions ont été rapportées dans les oblasts de Dnipropetrovsk et de Kharkiv, ainsi que dans les régions de Kyiv, de Poltava et de Cherkasy, d’après des canaux locaux. L’Armée de l’air n’a pas détaillé les installations concernées dans son compte rendu diffusé en matinée.

À Pavlograd, dans l’oblast de Dnipropetrovsk, des pages publiques locales ont signalé 2 impacts et une détonation. Des canaux prorusses ont affirmé qu’une frappe de missiles du système opérationnel tactique Iskander M avait touché du personnel des forces ukrainiennes et du matériel déplacé par voie ferrée, à la suite de renseignements opérationnels. Ces indications ne faisaient pas l’objet de confirmations indépendantes au moment de la publication. Les autorités ukrainiennes n’avaient pas communiqué de bilan ou de précisions sur la nature de l’objectif, tandis que des vérifications se poursuivaient sur le terrain.

Dans l’oblast de Kyiv, des vecteurs désignés comme Geran ont été signalés en direction de plusieurs objectifs. Un incendie a été rapporté à Vyshhorod, au nord de la capitale, où se situe la centrale hydroélectrique de Kyiv. Aucune confirmation n’indiquait une frappe directe contre l’installation au petit matin. Des impacts désignés comme Geran ont également été rapportés dans le secteur de Zaporijjia, selon les mêmes canaux. Les Forces aériennes ont par ailleurs mentionné la chute de débris sur 10 sites, sans préciser les localités. Aucun bilan humain officiel n’a été rendu public.

Dans l’oblast de Zaporizhzhia, un missile de l’Iskander aurait atteint un site situé dans une zone industrielle de la ville. Selon certaines informations relayées par des médias russes, cet emplacement servait de dépôt à du matériel militaire ukrainien, y compris des armes. Ces affirmations n’ont pas été documentées par des sources indépendantes. D’autres explosions ont été signalées durant la nuit dans les oblasts de Cherkasy et de Sumy, ainsi que dans l’oblast de Poltava, où un site de traitement du gaz et du condensat, près de Mashivka, a fait l’objet d’une frappe selon des canaux pro‑russes.

Les résultats d’interception des missiles balistiques sont restés modestes lors de cette séquence, la défense ukrainienne ayant confirmé la destruction d’un Iskander M sur 11. Le président Volodymyr Zelensky a récemment déclaré que les États‑Unis produisent environ 60 à 65 missiles intercepteurs PAC 3 par mois pour les systèmes Patriot. Il a qualifié ce volume de « minime ». Le 24 février, Serhii « Flash » Beskrestnov affirmait que seuls les systèmes Patriot peuvent intercepter ces vecteurs et que plusieurs intercepteurs peuvent être nécessaires pour neutraliser une cible. Cette estimation n’a pas été détaillée par Washington.

Les Forces de défense aérienne ukrainiennes disposent en revanche en quantité de missiles sol‑air RAS 2 GEM T, une version améliorée du Patriot PAC-2 conçue pour l’Allemagne et produite notamment à Schrobbenhausen en Allemagne, qui sont employés prioritairement contre les drones. Ces munitions sont décrites comme peu efficaces contre certains missiles russes. La variante RAS 2 GEM C, plus adaptée à la détection et à la destruction de cibles peu visibles à basse altitude, n’aurait pas été commandée par des pays européens et elle a été retirée de longue date aux États‑Unis. Ces indications n’ont pas été confirmées par les industriels concernés.

Sur le front des drones, la neutralisation de 149 vecteurs sur 164 reposerait en grande partie sur des moyens de guerre électronique, selon la communication de l’Armée de l’air. La semaine dernière, le colonel Elizarov, vice‑commandant des Forces aériennes ukrainiennes, a indiqué que 170 équipages de groupes de feu mobiles sur 300 n’avaient abattu aucun drone en un an, et que 66 autres n’en avaient détruit que 10. L’état‑major a expliqué ces résultats par la formation récente de nombreux équipages et par un soutien jugé encore insuffisant pour améliorer leurs performances.

Des épisodes récents ont illustré l’emploi de frappes de saturation. Dans la nuit du 3 avril, les forces russes ont visé des infrastructures critiques ukrainiennes avec un mélange de missiles balistiques, de missiles de croisière et de centaines de drones lancés depuis plusieurs directions, selon l’Armée de l’air. Au total, 579 menaces aériennes avaient été détectées entre le soir du 2 et le matin du 3. Les défenses ukrainiennes ont intercepté ou supprimé 541 cibles, dont 24 Kh 101, les 2 Iskander K annoncés, ainsi qu’un total de 515 drones de différents types.

Dans ce contexte, les Forces d’opérations spéciales ukrainiennes ont revendiqué une frappe de drone de précision dans la nuit du 28 avril contre un site de stockage de systèmes Iskander en Crimée, près d’Ovrazhky, à environ 40 kilomètres à l’est de Simferopol. La structure, située sur une ancienne base de missiles, aurait été réutilisée pour dissimuler et stocker des moyens destinés à frapper l’Ukraine. Kyiv présente cette action comme destinée à perturber les lancements depuis ce point, sans préciser l’ampleur des dommages infligés aux matériels russes potentiellement présents sur le site.

Le 24 février, l’analyste et officier ukrainien Serhii « Flash » Beskrestnov a affirmé sur sa chaîne Telegram que tous les missiles balistiques visant l’Ukraine avaient été fabriqués fin 2025 et début 2026. Selon lui, environ 60 missiles Iskander seraient produits chaque mois et ces engins intégreraient majoritairement des composants russes. Ces déclarations n’ont pas été corroborées par des sources indépendantes. Elles éclairent toutefois la chronologie avancée par Kyiv sur les frappes récentes, en particulier lors des séquences où des vecteurs balistiques ont percé la défense ukrainienne.

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