Selon des sources du secteur aérospatial de la République populaire de Chine et de China Aero-Technology Import-Export Corporation, Pékin se préparerait à vendre jusqu’à quarante chasseurs furtifs J-35A ou J-35AE au Pakistan. En début d’année 2025, des cercles officiels à Islamabad évoquaient déjà un accord en cours pour un volume similaire. Cette perspective serait la première exportation d’un aéronef furtif chinois. Elle a rapidement installé l’idée d’une bascule capacitaire régionale, alors même que les signaux officiels ont varié en quelques mois et que la matérialisation contractuelle n’a pas été confirmée publiquement.
Au Salon du Bourget en 2025, l’industriel AVIC a exposé une maquette grandeur nature du J-35A décrite comme une version terrestre destinée à l’exportation. En septembre 2025, des médias d’État chinois ont annoncé l’entrée en service du J-35 au sein de l’aéronavale et de la force aérienne chinoises. Dans le même temps, aucun contrat d’export FC-31 ou J-35A n’était acté en mai 2025, tandis que des rapports faisaient état d’éventuelles livraisons au Pakistan à l’horizon du milieu de 2026, une fenêtre contestée par d’autres indications de calendrier.
Après une confirmation d’intérêt initiale à Islamabad, le ministère de la Défense pakistanais a ensuite qualifié les informations sur l’achat de J-35A de simples spéculations médiatiques. Selon des sources industrielles, l’offre chinoise aurait inclus une remise d’environ la moitié du prix et des conditions de paiement très souples. Ce jeu d’annonces précoces a nourri des effets politiques visibles dans le débat régional, en laissant entrevoir une percée furtive pakistanaise, sans qu’un jalon contractuel, industriel ou logistique détaillé n’ait été officialisé à ce stade.
Des analystes indiquent que Pékin aurait différé toute vente potentielle de J-35A de trois à quatre ans. La priorité donnée aux premières séries pour les forces chinoises, une cadence de production initiale modeste, des défis d’intégration moteur et des réserves sur la protection technologique sont avancés. L’activation du porte‑avions Fujian en 2025, avec des essais filmés de J-15T, J-35 et KJ-600, a également pesé sur l’allocation des premières tranches. Dans ces conditions, une exportation rapide paraît incertaine, malgré la visibilité conférée au programme par les présentations publiques et les déclarations successives.
Le Pakistan dispose d’un socle industriel avec le Pakistan Aeronautical Complex à Kamra, qui produit le JF-17 depuis 2009, ce qui faciliterait le soutien d’un appareil conçu en Chine. Face aux glissements de calendrier évoqués, la Force aérienne pakistanaise a accéléré ses options ponctuelles. Début 2026, elle serait entrée en phase finale d’approbation pour l’acquisition de soixante à soixante-dix J-10CE supplémentaires. Vingt appareils avaient été commandés en 2023 puis employés en mai 2024, et seize autres ont été notifiés ensuite. Le J-10CE, doté d’un radar à antenne active et du missile PL-15E, présente un coût unitaire estimé entre quarante et cinquante millions de dollars.
Les affrontements aériens de l’Opération Sindoor en mai 2025, avec la perte de plusieurs chasseurs et d’un appareil de détection et de contrôle, ont conduit Islamabad à revoir sa posture. Des plateformes ravitailleuses et de surveillance ont été éloignées de la frontière indienne vers Pasni et Jacobabad pour échapper à la portée du système S-400. La Force aérienne pakistanaise a adopté des modes d’action plus asymétriques, misant sur des frappes à distance et des perturbations réseau. Cette séquence a renforcé l’urgence des annonces capacitaires, en amont de décisions d’approvisionnement effectivement exécutables.
Côté indien, le renforcement se poursuit. Un quatrième escadron S-400 est attendu vers le milieu de 2026 et l’Indian Air Force modernise ses Su-30MKI dans le cadre du programme dit Super Sukhoi. Le radar Virupaksha à antenne active, développé par l’agence indienne DRDO, utilise des composants en nitrure de gallium et totalise plus de deux mille quatre cents modules d’émission réception. Il est associé à l’Astra Mk3 à propulsion par flux d’air, donné pour trois cents à trois cent cinquante kilomètres, et à une capacité de tir avec illumination déportée via un réseau de capteurs et de liaisons de données sécurisées.
Dans l’environnement informationnel régional, une enquête récente du média The Dissent décrit des réseaux liés au Pakistan qui amplifient des affirmations non confirmées, par exemple l’idée que le Bangladesh se préparerait à acquérir des JF-17. Le rapport mentionne l’usage de contenus générés par intelligence artificielle et une diffusion initiale sur la plateforme X, puis sur des pages locales, jusqu’à obtenir une traction apparente. Ces pratiques transforment des indications préliminaires en certitudes perçues, sans validation officielle, et participent à installer des attentes capacitaires avant toute concrétisation industrielle.
En septembre 2025, la Chine est le seul pays avec les États-Unis à déclarer deux chasseurs furtifs opérationnels, le J-20 et le J-35, qui n’ont pas été engagés en combat. Cette posture, additionnée aux expositions publiques et aux offres adressées à Islamabad, a donné corps à la perspective d’un J-35AE pakistanais. Entre projections de livraisons, reports annoncés et mises au point officielles, la chronologie demeure fluctuante. Les annonces précoces ont déjà produit des effets politiques notables, tandis que les jalons contractuels et industriels restent à confirmer.