Le Département de la Défense des États-Unis a annoncé le 29 avril un contrat avec RTX Corporation pour produire et livrer des missiles RIM-162 Evolved Sea Sparrow Missile ESSM Block 2 destinés à la défense aérienne navale. La valeur maximale de l’accord atteint 833 millions de dollars et sa période d’exécution court jusqu’à la fin septembre 2030, selon le calendrier communiqué. Le financement de l’acquisition a été activé dès la signature, ce qui autorise l’engagement immédiat des travaux industriels et logistiques liés au marché, avec des livraisons prévues au profit de clients américains et de partenaires internationaux.
La commande sera partagée à parts égales entre la Marine des États-Unis et des clients à l’exportation via le programme Foreign Military Sales (FMS) défini par les autorités américaines. Les pays mentionnés pour ces livraisons sont l’Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, l’Espagne et la Turquie. Les missiles doivent équiper des destroyers et des frégates multirôles, où ils seront intégrés aux lanceurs navals et aux chaînes de conduite de tir existantes pour renforcer la défense antiaérienne rapprochée et de zone des bâtiments.
Le RIM-162 ESSM Block 2 emporte un chercheur amélioré offrant des modes actif et semi-actif, complété par un lien de données pour des mises à jour de ciblage en vol. Sa portée opérationnelle depuis des lanceurs navals est décrite comme supérieure à 50 kilomètres, ce qui permet d’engager des menaces aériennes au-delà de cette distance lorsque les conditions d’emploi sont réunies. Le Directeur des tests opérationnels et de l’évaluation des États-Unis indique que le Block 2 vise à « réduire la dépendance à un support d’illuminateur et atténuer les difficultés liées à la séquence de missiles qui sont inhérentes aux raids à flux dense ».
Le programme ESSM s’inscrit dans une coopération conduite par le NATO SEASPARROW Project Office (NSPO) créé en 1968, qui réunit aujourd’hui les États-Unis ainsi que l’Australie, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, l’Espagne et la Turquie. En raison de cette organisation multinationale, une partie des activités de production et de livraison sera réalisée hors des États-Unis. Cette configuration implique une coordination industrielle et logistique transfrontalière pour assurer la montée en cadence et la distribution auprès des marines concernées.
Sur le plan opérationnel, la famille RIM-162 a été engagée pour la première fois en combat le 9 octobre 2016, lorsque le destroyer américain USS Mason a intercepté un missile antinavire tiré depuis l’ouest du Yémen par des forces houthis. Des sources américaines mentionnent par ailleurs qu’il n’est pas exclu que des ESSM aient été utilisés lors d’opérations menées contre l’Iran en 2026, une information qui reste à confirmer à ce stade. Ces événements illustrent l’emploi du missile dans des environnements maritimes contestés et face à des menaces rapides.
Le développement de l’ESSM Block 1 a été conduit dans les années 1990, pour une entrée en service au début des années 2000 au sein des marines partenaires. La version Block 2 a commencé à entrer en service au début des années 2020, après un programme d’essais progressifs. La Marine des États-Unis a lancé la phase 1 des essais opérationnels et d’évaluation initiaux en août 2021 selon un plan approuvé et observé par le DOT&E, et elle s’attendait à achever la phase 2 au cours de l’exercice budgétaire 2025, selon les indications alors publiées.
Sur le plan industriel, Raytheon, entité de RTX, a indiqué dans un communiqué daté du 1er octobre avoir livré son cinq centième missile ESSM Block 2 à la Marine américaine. L’entreprise prévoit de presque doubler les cadences de production d’ici la mi-2026 et investit dans ses capacités et ses approvisionnements pour soutenir les livraisons. Le fait que les fonds du nouveau contrat soient disponibles dès la signature est susceptible de faciliter le lancement ou l’accélération des fabrications et des expéditions, au bénéfice simultané de la flotte américaine et des clients à l’exportation.
Parallèlement, l’Office of Naval Research (ONR) des États-Unis a publié début mai un avis invitant des industriels à une réunion en octobre afin d’étudier un « système de missile de prochaine variante significative » présenté comme successeur de l’ESSM Block 2. La Marine américaine travaille à ce sujet avec onze alliés au sein du cadre existant de coopération. Cette démarche signale la préparation des évolutions futures du missile tout en maintenant la continuité capacitaire avec les versions actuellement commandées pour équiper les destroyers et frégates en service chez les partenaires.