L’US Air Force dépense 1,7 Md$ pour maintenir ses B-2 et B‑1B en service au-delà de 2037

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Les Forces aériennes des États‑Unis confirment le maintien en service des bombardiers B-1B Lancer et B-2 Spirit, inversant la trajectoire de retrait envisagée au début des années 2030. Selon les documents budgétaires du Département de la Défense pour la période 2027 à 2031, environ 1,7 milliard de dollars seront consacrés à leur modernisation. Cette décision intervient alors que le B‑21 Raider entre en production et vise à préserver une capacité de frappe à longue portée disponible et qualifiée pendant la phase de transition industrielle et opérationnelle.

La planification antérieure liait la sortie progressive des bombardiers stratégiques américains à l’arrivée du B‑21. En 2021, après une réduction de flotte, le Congrès avait exigé le maintien d’un parc de 45 B‑1B, plusieurs cellules excédentaires ayant rejoint le stockage de type 2000 auprès du 309th Aerospace Maintenance and Regeneration Group, sur la base de Davis‑Monthan en Arizona. Ce cadre a préparé la décision actuelle de prolongation, désormais assortie d’une trajectoire financière et de jalons de maintien en condition.

Sur l’enveloppe annoncée, 342 millions de dollars sont prévus pour moderniser 44 B‑1B entre 2027 et 2031, l’US Air Force visant à garantir la pertinence de la plateforme au moins jusqu’en 2037. En parallèle, 1,35 milliard de dollars doivent soutenir la modernisation de 19 B‑2 afin d’en préserver la capacité opérationnelle au‑delà de 2030. Un porte‑parole de l’Air Force Global Strike Command a précisé que ces appareils resteront en service aussi longtemps que nécessaire, y compris après l’arrivée des B‑21.

La remise en service d’un B‑1B immatriculé 86‑0115 illustre l’effort entrepris. Sorti du stockage de type 2000 au 309th AMARG, l’appareil a été restauré sur la base de Tinker, dans l’Oklahoma. Plus de 200 aviateurs et civils ont remplacé plus de 500 composants avant son transfert au 7th Bomb Wing, à Dyess, au Texas. Cette opération démontre la possibilité de reconstituer la disponibilité à partir de cellules stockées, au prix d’un volume de travaux conséquent en main‑d’œuvre et en pièces critiques.

Le B‑1B conserve une charge utile de 34 000 kilogrammes d’armement conventionnel et sert de banc d’essai pour le pylône modulaire adaptable. Des images récentes montrent un B‑1B emportant un missile AGM‑183 ARRW sur un point dur externe sur la base d’Edwards. La proposition budgétaire de l’exercice 2027 prévoit près de 350 millions de dollars pour l’ARRW Increment 2 et le lancement d’un programme de missile balistique aéroporté, tandis que la programmation à cinq ans anticipe 1,8 milliard afin d’augmenter les cadences de production d’ARRW et du missile de croisière hypersonique HACM.

L’activité opérationnelle de la flotte reste soutenue. Un B‑1B du 34th Expeditionary Bomb Squadron a décollé d’Andersen pour une mission de Bomber Task Force en février 2025, tandis qu’un équipage du 7e escadron de bombardement a mis en œuvre un B‑1B à Dyess fin décembre 2025. Ces déploiements, réguliers dans le Pacifique et depuis le territoire continental, entretiennent la qualification des équipages et la posture de frappe à longue distance attendue par le Commandement des frappes globales.

Côté B‑2, un premier vol d’évaluation avec le système de communication adaptatif ACS 4.0 a été conduit aux États‑Unis. Développé par SNC en coopération avec Northrop Grumman, ce système vise un environnement d’information sécurisé pour l’exécution d’un large éventail de missions. Il doit permettre au Spirit d’opérer dans un cadre centré sur le réseau, en intégrant et en diffusant des données de ciblage et de situation issues de capteurs terrestres et aériens durant la conduite de mission.

Le B‑2 demeure le seul bombardier à faible signature radar pleinement opérationnel dans l’arsenal américain et peut emporter des bombes pénétrantes GBU‑57 d’environ 13 tonnes. Des B‑2 de la base de Whiteman ont récemment effectué une mission sans escale d’environ 36 heures pour frapper un complexe souterrain où s’étaient réunis des commandants du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. L’ordre avait été donné par le commandant du Commandement central des États‑Unis, l’amiral Brad Cooper, sur la base d’un renseignement d’opportunité.

Le maintien des flottes B‑1B et B‑2 s’inscrit dans une phase où les B‑52 entament leur modernisation vers le standard J, avec l’intégration de nouveaux moteurs et de cabines numériques, et où la production du B‑21 doit monter en puissance. L’objectif affiché consiste à éviter une lacune de capacité pendant cette période, en conservant des vecteurs de frappe à longue portée capables de lancer des munitions conventionnelles lourdes et, pour le B‑2, des charges pénétrantes contre des objectifs protégés.

En toile de fond, la flotte de B‑2 reste numériquement limitée, seuls 21 exemplaires ayant été produits après une trajectoire de programme initiée en 1981 et plusieurs réductions de cible. Les évolutions en cours, telles qu’ACS 4.0, ajoutées aux investissements planifiés sur 2027 à 2031, doivent prolonger l’emploi opérationnel de ces appareils au‑delà de 2030, tandis que l’US Air Force prévoit d’exploiter les B‑1B modernisés au moins jusqu’en 2037, en appui de l’arrivée progressive du B‑21.

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